Vu dans le 6min de M6 national, Dimanche soir, ce texte date du Nice-Matin de Jeudi dernier... à méditer...
Cagnes-sur-Mer : la mystérieuse vague de seize heures
Tous les jours ou presque, la plage de l'hippodrome est secouée par une vague beaucoup plus forte que les autres. Certains jours, c'est même un peu la panique chez les baigneurs
Les baigneurs de la plage de l'hippodrome, à Cagnes-sur-Mer, l'appellent communément « la vague de quatre heures » (1).
Tous les jours, elle déferle sur les galets, avec une force étonnante. Sans prévenir ou presque.
Seuls les habitués reconnaissent les signes avant-coureurs : une mer qui se creuse légèrement à 50 mètres du bord, à hauteur de la barge installée en face l'avenue Kennedy ; une sorte de silence qui s'instaure l'espace d'un souffle ; deux vaguelettes qui claquent en venant mourir sur les galets...
« Des fois, ça gronde carrément », affirme une vacancière qui fréquente la plage depuis l'été passé.
Ce « grondement », les maitres nageurs sauveteurs (MNS) CRS du poste de secours, ne l'ont pas perçu vendredi dernier. En revanche, ils se souviendront encore longtemps de la violence de la vague, toute particulière ce jour-là .
« Nous observons tous les jours ce phénomène de vague depuis notre arrivée à la mi-juin », expliquent le brigadier Eric Gaillard et le gardien de la paix Antony Jantsch. « L'intensité en est variable. Les 11 et 12 juillet, elle s'est montrée particulièrement remarquable, d'autant plus étonnante que la mer était d'huile ces deux jours-là ».
Des baigneurs secourus régulièrement
Et nos deux CRS de poursuivre : « Ce fut un peu la panique. Nous avons porté secours à deux personnes qui ont été totalement déstabilisées par le flux et le reflux ; l'une d'elles a du être brancardée.
« Par ailleurs, deux enfants qui se trouvaient sur les épis ont été drossés contre les rochers. Ils avaient tous deux les genoux en sang. Nous avons comptabilisé une vingtaine d'aides à baigneur ces trois dernières semaines ».
Sur la plage, les serviettes de bain et les téléphones cellulaires sont régulièrement emportés. Au bord de l'eau, les enfants et les adultes les moins sportifs sont surpris et peinent généralement à rejoindre la terre ferme.
« Quand la vague est très forte, elle recouvre une bonne partie des épis. Un peu avant 16 heures, nous prenons nos dispositions et demandons aux personnes présentes, en particulier les enfants, de quitter les lieux.
« Même scénario pour les baigneurs qui nagent à proximité des rochers. Le risque de s'y voir projeter est réel ». La semaine dernière, l'eau est montée jusqu'aux blocs de roche qui protègent la RN 98. Un vrai souci pour les CRS chargés de surveiller cette bande du littoral. « Nous ne sommes que deux et il y a fort à faire en l'espace de deux minutes, croyez-nous ».
Très soudain, le phénomène peut se montrer spectaculaire.
« Certains jours, si vous filmez la scène, les images ont des chances de passer à la TV... », souligne le gardien de la paix Jantsch qui n'est pas du genre à forcer le trait.
D'ailleurs, désormais certains touristes viennent à la plage avec un appareil photo afin d'immortaliser l'événement. Un nouveau type de souvenir de vacances en somme.
(1) Le phénomène touche également les plages de Villeneuve-Loubet, en particulier celle de la Batterie, avant d'arriver à Marina Baie des Anges.
Michel DIVET.
(c) Nice-Matin Jeudi 18 Juillet 2002
Notre Grande Bleue nous réserve bien des mystères....












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